01 — L'élevage

En marge,
exprès.

D'abord,
l'histoire

— A

Pendant douze ans, j'ai été graphiste puis directrice artistique à Rennes. Mon métier consistait à trouver l'idée qui dépasse du cadre — et à la défendre contre tous ceux qui voulaient la faire rentrer dedans. J'aimais ça. Mais à 38 ans, j'ai réalisé que je passais ma vie à dessiner des marges pour les autres sans jamais habiter la mienne.

En 2017, j'ai acheté une longère à moitié effondrée au lieu-dit Kervella, à Brasparts, en plein cœur des Monts d'Arrée. Olympe est arrivée la même année : une spitz moyen noire née chez un éleveur du Morbihan qui arrêtait, une des dernières de sa lignée. C'est elle qui a tout déclenché. En la promenant dans la lande, je me suis mise à lire tout ce qui existait sur la variété moyenne — c'est-à-dire pas grand-chose. Une variété en voie d'extinction silencieuse, coincée entre le succès du poméranien et la notoriété du grand.

J'ai passé l'ACACED en 2018, déposé l'affixe « de la Marge » la même année, adhéré au club de race, et pris deux ans pour apprendre avant la première portée — chez des éleveurs allemands, principalement, là où le mittelspitz existe encore vraiment. Première portée en 2020. Depuis : une portée par an en moyenne, parfois aucune. Jamais plus de deux.

Je vis de mon métier de graphiste, en indépendante, à mi-temps. L'élevage ne nourrit pas la maison et c'est un choix : aucune portée ici n'a besoin d'exister pour payer une facture.

Maud Kerléo et Suzeraine dans la lande des Monts d'Arrée Maud Kerléo — Brasparts
La longère de Kervella et ses enclos, au pied des Monts d'Arrée Kervella — la longère et les parcs

Le terrain
de jeu

— B

Les Monts d'Arrée, c'est le morceau de Bretagne que les cartes postales oublient : de la lande rase, des crêtes de schiste, du vent. Pour un spitz — chien de ferme nordique, increvable, taillé pour le dehors — c'est un paradis.

La longère donne sur 1,2 hectare clos : deux parcs herbés, un verger, et la lande juste derrière la barrière pour les sorties libres du matin. Les chiens vivent à la maison — il n'y a pas de boxes ici, c'est la pièce à vivre qui sert de quartier général, et le canapé de poste d'observation.

La lande des Monts d'Arrée sous un ciel changeant, crêtes de schiste au loin La lande, à 200 m de la maison

La méthode

— C
  1. Naître dans la cuisine

    Les portées naissent dans la pièce à vivre, dans une caisse de mise bas à deux mètres de la cuisinière. Les chiots entendent le lave-vaisselle, l'aspirateur, les visites et la pluie sur les ardoises avant même d'ouvrir les yeux.

  2. Un protocole d'éveil, semaine par semaine

    Stimulation neurologique précoce de J3 à J16, surfaces variées dès la 3e semaine, sons enregistrés (orage, feux d'artifice, circulation), premiers trajets en voiture à 7 semaines, rencontres avec les enfants des voisins et le chat de la maison.

  3. Des mariages préparés des mois à l'avance

    Étude des pedigrees sur quatre générations, consanguinité visée sous 3 %, tests de santé croisés des deux parents. Quand l'étalon qu'il faut est en Allemagne, on prend la voiture — c'est comme ça qu'Eiko est arrivé.

  4. Un départ, pas un abandon

    Les chiots partent à 8 semaines révolues, identifiés, vaccinés, avec un carnet de route de 20 pages que je rédige moi-même. Et je reste joignable pour toute la vie du chien — les familles de la portée V vous le confirmeront.

Ce que je
ne fais pas

— D
  • Pas de vente en ligne. On se parle, on se rencontre, ou rien.
  • Pas de chiot avant 8 semaines révolues. Jamais. C'est la loi, et c'est surtout du bon sens.
  • Pas de robe « rare » facturée plus cher. Tous mes chiots sont noirs, tous au même prix.
  • Pas de portée sans projet précis : si je ne garde rien et que la liste d'attente est vide, la chienne fait sa saison tranquille.
  • Pas de reproducteur sans rotules 0/0, ADN et yeux à jour. Aucune exception, même pour une chienne que j'adore.
  • Pas de poméraniens. On me le demande chaque semaine : c'est non, et c'est définitif.

Noir sur
blanc

— E
Élevage« de la Marge » — affixe SCC déposé en 2018
ÉleveuseMaud Kerléo — certificat ACACED « chien » (2018, renouvelé 2025)
StatutÉleveuse déclarée — SIREN 851 442 067 — suivi par la clinique vétérinaire du Yeun, Pleyben
RaceSpitz allemand, variété moyenne — groupe 5, standard FCI n°97 — club de race : Club Français du Spitz
Production1 portée par an en moyenne — 6 portées depuis 2020 — 100 % LOF
VisitesSur rendez-vous uniquement, et obligatoires avant toute réservation